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Samedi 20 mai 2006

Dernière édition : Vendredi 2 Juin 2006

Le sombre sabre court sur les corps des morts. Tel est le malheur que je cause aux mains du Faucheur. Il doit certainement vouloir ma perte, tout comme je voudrais la sienne. En d'autres criconstances, je n'aurai fait que regretter sa présence, ce qu'elle me procurait. Mais je ne fais pas que regretter. J'en souffre.

La traque du sombre sabre est devenue marque de peur et de malheur. Mon nom résonne d'une autre manière. Il s'entend et se comprend. La véritable signification en viendrait presque à être oubliée, quoi qu'en ce nouveau sens il ramène à l'évidence qui faisait son identité passée.

Ma chasse de bipèdes se fait aussi simple que complexe. Il me suffit de suivre la direction qu'indiquent les triangles renversés pour trouver proie. Mes premières exactions ne relevaient d'aucune difficulté. Ces armes de mort et de désolation étaient trop peu aiguisées pour croiser le fer avec ma lame affutée depuis des Centi par les flammes des profondeurs octogonales. Désormais les malins se font plus discrets, tandis que les prétentieux me défient. Les rapports de massacres ne cessent de croître, et j'en suis le principal responsable. Je suscite crainte et intérêt au sein de ces assassins que je ressuscite par mon étreinte, après quoi on les enterrait. Depuis quelques Djay ils partent rendre compte de leur défaite auprès de leur Dieu après avoir croisé ma haine à travers le bûcher du mien.

Les rares innocents que je croise ne savent pour la plupart pas qui je suis. Ils semblent même ne pas savoir grand chose du monde qu'ils foulent. Ceux-là ne sont pas dignes d'apprendre de moi, alors je les abandonne. En revanche, les autres resteront à jamais marqués par ma personne.

Ils restent généralement sur place, en pleine Nokt, au coeur d'un village, d'une forêt, d'un champ, peu importe. Quand je sens ces personnes, je me fige à mon tour. Je les laisse me dévorer de leurs yeux appeurés, et me dévisager s'ils parviennent à passer outre mon manteau de cuir noir et mes cheveux blonds tombant sur mon visage baissé. Je sais pertinemment qu'ils me regardent, même si je ne les vois pas. Tous s'en vont lorsque je relève la tête et que je pose mon regard sur eux. Tous s'en sont allés. Sauf une. Une Elfe des Bois au doux visage. Une simple jeune fille. J'ai cru un instant qu'il s'agissait de celle que j'ai perdu, mais je me suis rendu compte de mon erreur après avoir rouvert mes yeux que j'avais clos dans la seconde après l'avoir vue. Nous étions restés un instant à plonger nos regards l'un dans l'autre, ne bougeant absolument pas, pétrifiés. Ses yeux étaient emplis de peur, mais rien d'autre ne traduisait cet effroi. Elle n'était plus maîtresse de son Corps.

J'aurai pu en faire ce que je voulais, sans avoir besoin d'utiliser les pouvoirs issus des enseignements de Morlach. Je restai immobile jusqu'à ce qu'une petite bourrasque vint dissimuler la moitié de son visage verdâtre derrière quelques-uns de ses long cheveux d'un vert sombre presque noir. Ses yeux suivirent ma main du moment où elle se détacha de sa position initiale jusqu'à ce qu'elle atteigne sa figure. Ses yeux se clorent dès que nos chairs furent en contact. Peut-être pensait-elle que sa vie ne s'étendrait pas davantage. Aussi n'ai-je su déchiffrer la signification du regard qu'elle posa sur moi une fois son visage remis à découvert. Peu m'importe, je n'ai que faire de ce qu'elle a ressenti. Et c'est pourquoi je n'ai pas cherché à me retourner une fois que mon dos s'éloignant lui fut offert.

J'en viens à me demander si mes proies connaissent la peur. Ou plutôt si elles la connaissent toutes. En vérité, je doute que mes dernières victimes aient pu ignorer la peur, mais elles l'ont cachée. Alors peut-on ne jamais ressentir la peur tout comme moi depuis bien longtemps ? Êtres aussi exceptionnels que moi ils doivent être pour en arriver à ne plus sentir sa présence dans ces moments de notre vie. Je dois avouer tirer une certaine jouissance de ce fait. Faire naître la peur, volontairement ou pas, parmi la foule, sans subir les effets qu'elle peut ressentir en me voyant. En fait j'ai peur. Tout le temps. Mais cette peur ne se manifeste comme aucune autre. C'est un peu le résultat des absences qui me valent d'être ce que je suis. L'absence de Coeur et Son absence.

Je ne crois pas être le seul à vouloir échapper à cette peur en trouvant ce que je m'efforce à poursuivre sans la moindre trâce, le moindre indice, la moindre chance. Je sais très bien que je ne la retrouverai jamais. A cause de l'aîné de ces frères. Cet imbécile qui croit que tout lui est dû, notamment la vie d'autrui. Mais sache que tu as pris possession d'une chose que tu n'avais pas le droit de prendre. De tous les êtres de Ganareth il a fallu que tu le choisisses Lui, puis Elle. Je ne sais quelle querelle t'oppose avec le Barbu, maintenant que je te coupe tes bras armés dès qu'ils repoussent, mais jamais je ne m'arrêterai. J'ai l'éternité devant moi pour te faire souffrir. Et quoi que tu fasses, la chaleur de la terre me protègera. Partout où trône le triangle inversé ensanglanté, ai-je apposé un octogone du sang de l'auteur du triangle. Partout où les meurtriers sévissaient je suis allé et ai mis un terme à leurs activités. Je sais que tous mes efforts sont vains, mais cela ne m'empêchera pas de poursuivre jusqu'à ce que tu t'en lasses ou que je La trouve.

J'ai changé, puisque je rêve à nouveau. D'une seule et unique chose. Mais c'est là qu'est ma motivation à La poursuivre sans relâche. Elle m'a changé. Alors je me dois de la changer elle. Pour qu'elle retrouve son insouciance et sa joie de vivre passées. Pour qu'elle puisse retrouver son passé tout comme je souhaite retrouver le mien.

 

 

Je trouve parfois certaines capacités impressionantes de par leur vitesse d'exécution. Aussi me dois-je de différencier les quelques familles de sortilèges qui s'offrent à ceux qui ont appris les arts des Apôtres. Je conçois qu'un sort d'effroi tel que je peux en lancer ne prenne que très peu de temps, voire même aucune préparation. Il ne s'agit là que d'une effluve d'un sentiment naturel des êtres. Aussi un simple geste accompagné de la volonté du lanceur permet d'affecter sa cible. Il est en revanche bien plus ardu de tromper les sens d'autrui. Ainsi je considère les illusionnistes comme les plus grands maîtres des arts. Mais je dois avouer que leur méthode m'est pratiquement inconnue, je sais juste qu'ils font preuve d'une puissance psychique monumentale pour ainsi troubler et abuser des personnes prises dans leurs Esprits. Je sais aussi qu'il leur faut de longues périodes de préparations avant de pouvoir user de leurs techniques de manière optimale. Ceci m'amène à penser que certains Clercs possèdent une capacité de soins ahurissante de vélocité. Une simple main jetée en direction de l'ami suffit à refermer ses plaies et reconstituer ses os. Mais peut-être que cela n'est pas le cas constamment. Peut-être ces quelques sorts jetés à la hâte ne sont bons qu'à redonner une légère vigueur à la personne visée, à lui ôter la douleur ou quoi que ce soit du même ordre. Ou bien c'est que ces Clercs font preuve d'une expérience au moins aussi grande que la mienne en leur domaine. Car rares furent-ils à prodiguer des soins si rapidement. La plupart doivent se concentrer assez longuement avant de pouvoir agir. Ce qui me semble normal lorsqu'il faut réparer un Corps. Les Nécromanciens m'impresionnent justement moins sur ce point. Certes ils le relèvent vite, mais leur force de contrôle sur leurs créatures sont généralement liées à des objets. Peu nombreux sont ceux qui peuvent se vanter de maintenir sous leurs ordres des guerriers quasiment parfaits aussi longtemps qu'ils le veulent et sans se servir d'un quelconque objet de liaison. Car il est certain qu'à long terme, cette voix de maîtrise des morts est la plus harassante pour la psychée et la simple santé physique, au moins jusqu'à ce que ces monstruosités redeviennent poussière s'en allant au vent. Vent justement si aisément contrôlé par ces Druides, maîtres du climat, lesquels sont parfois confondus avec les sorciers, maîtres des éléments. Cepandant, ces derniers se surprennent à invoquer des flammes sous l'eau, par simple force mentale. Alors que les Druides ne créent rien qui ne soit déjà. Ils ne font que mener à eux les forces de la Nature qui les entourent. Offrant involontairement une hausse de moral à leur entourage lorsqu'il vient à lutter contre la Nature elle-même. Moral que connaissent bien les Bardes. D'un simple chant ils insufflent à leurs camarades la force qui leur est nécessaire. Concurents directs des Enchanteurs qui emploient leur magie pour repousser les limites de leurs compagnons. Je tairai les capacités des autres arts, celles-ci étant moins liées à la mana que celles précédemment citées.

 

 

 

Par TrolKabu - Publié dans : Au coeur des Royaumes de Ganareth
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Dimanche 7 mai 2006
Pennon flottant au gré des caprices de sieur Le Vent, enroulé et fixé au sommet du manche d'une lance fermement tenue par une main au gantelet de mailles, tandis que sa jumelle tient nerveusement les rênes à vaguelettes issues d'un caparaçon aux couleurs des armes de l'anxieux Chevalier venu affronter la foule, visière d'armet ouverte, laissant tomber plumail et panache dans le dos, ballotés par le souffle de notre sieur précité. Convoi en marche vers la lice, d'où la tour de Londres s'affiche, alors que le suzerain s'en va rejoindre la destination loin de son castel. Le sang des plaines est loin de la poussière de l'arène, et pourtant si proche lorsque la lance émoussée vole en éclat sur la targe de l'opposant.

Tandis que serfs et cuisiniers s'affairent autour du porc à la broche rôtissant sur le hâtier, le gêné seigneur se laisse emporter par le mal des batailles. Echo en provenance de la joute sur laquelle ses armes gagnent en hauteur sur le cartouche. Difficile pour lui de réprimer ce malaise conduisant à la nausée. Promptement il est guidé hors de la grande salle, où l'air frais pourra emplir ses poumons. Feignant une accalmie, il renvoie les servants à leurs tâches, ne laissant que son écuyer le soutenir jusqu'à sa paillasse abritée par une frêle tente. La fièvre accompagne des convulsions et cette insoutenable douleur, touchant quelques côtes, vertèbres dorsales et une omoplate, vient anéantir les restes de vigueur du souffrant.

Sage ecclésiastique prêtant main forte à l'aimable serviteur du malade, pourtant habitué à ces crises infernales. Derniers soins appliqués par le petit père, pendant que le fidèle compagnon s'en est allé chercher son vieux luth, ôtant tous ses airs de ménestrel par un lourd plaid porté sur les épaules. Mais ce brave homme ne semble savoir entonner que mélopées entraînant dans de sombres songes le malheureux être. Le chaos règne dans l'esprit, et ce ne sont pas les douces prières qui le ramèneront à la raison. Monstrueuse folie qui s'empare de lui à travers ses douloureux souvenirs. Egarement complet d'une conscience qui ne voit que ce qu'elle a déjà ressenti dans un passé incertain, qu'on dirait issu du Malin.

Grandes couvertures de rémiges primaires de faucon couronnant les pauvres armoiries de ce chevalier, dernier de sa maison. Le sautoir sable sur émail orangé ne montrera peut-être bientôt plus son éclat qu'à la tombe à laquelle il appartient. Châtelain sans le sou se vendant comme mercenaire pour espérer pouvoir se sustenter, quitte à abandonner ses terres laissées aux mains d'un vassal digne de confiance, et qui, s'il fautait, serait rémissible. En cet instant, seul son pavois reflète ses couleurs, sa flamme étant à celles de son Prince. Soucieux, il a préféré laisser sa monture aux étables seigneuriales, s'obligeant à monter une carne à l'armure encore plus dépassée que la bête. Paris n'est qu'à soixante-quatorze lieues au Nord-Est. La côte, elle, est à moins de vingt lieues. Les forces disparates se regroupent en masse sous la même bannière qui signifie terreur, pillage et massacre.

" Il nous faut nous battre, la route de la guyenne étant barrée par l'ost français. Certaines rumeurs prétendent que là n'est pas la totalité de la puissance française. Seuls les cavaliers nous font face. Une douzaine de milliers tout au moins, alors que nous sommes au nombre de sept milles. Je sais que le Prince est aussi cruel qu'il excelle en tant que stratège, mais leur nombre aura certainement raison de nous. A moins que ce terrain accidenté ne les laisse en une posture délicate pour leur cavalerie.

Soupirs de soulagement lorsque les combattants français mettent pied à terre. Nous n'aurons au moins pas à tuer ces pauvres bêtes qui nous servent si bien. Ici dois-je laisser mes écrits pour le moment, nous nous déplaçons. Merci père d'avoir fait de moi un lettré. "


" J'écris du donjon de Chambonneau. La naïveté du châtelain me dégoûte. Il nous a suffit d'envoyer ce bon Jean II devant, et voilà que le pont levis s'abaisse pour nous offrir son domaine. L'armée pris place au château, en dépossédant le stupide seigneur.
Le capitaine Dandley vient d'expirer dans les bras du Prince. Blessé au combat, et moribond en arrivant, il rejoindra les deux milliers cinq cent français tombés eux aussi.
Jean le Fou fut-il d'avoir mené ses troupes à Maupertuis. Nos archers les ont défait avec une déconcertante simplicité. Je reprendrai plus tard, il n'est pas bon d'agir comme je le fais alors que notre capitaine s'en va. "


" Impossible de trouver le sommeil. La blessure qui m'affecte m'en empêche. Une flèche d'un de nos archers est venue s'incruster dans mon dos, non loin de l'épaule droite. Bouger mon bras me fait atrocement souffrir, quant à mon dos, je n'ose en parler tellement la douleur se fait intense au moindre geste. D'ici demain je devrais aller voir les chirurgiens de campagne. A mon sens ils sont plus bourreaux que médecins, mais il me faudra passer par eux si je ne veux pas mourrir avec le temps et la maladie.

Je ne sais comment je réagirai si je devais rencontrer celui qui m'a décoché cette malheureuse flèche. Peut-être le renverrais-je dans sa chère campagne pour qu'il puisse réapprendre à berser convenablement. Ou peut-être l'excuserais-je. Je comprends qu'il ait pu avoir envie de tirer dans la masse française, il était certain de toucher quelque chose. Mais avec le désordre qui régnait, surtout avec les pièges que nous avions tendu à la hâte, j'ai du mal à savoir pourquoi on l'a laissé tirer. La discipline se perd même chez nos archers. Autant ne pas mentionner celle qui règne parmis les mercenaires Allemands ou Irlandais.

Par TrolKabu - Publié dans : Divers
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Dimanche 7 mai 2006
Corps gracile au coeur d'un brouillard ténébreux.
Aucune attention prêtée à la réalité environnante, seule conscience d'images et de sons si parfaitement transmis par un esprit éreinté.
Sifflements incessants heurtants nos tympans. Regard porté au loin à travers la poussière balayée par le vent et les volutes de fumée qui s'échappent des cratères. Petit arceau métallique s'offrant au premier plan, pour ne laisser visible que ce qui se trouve en son centre. Recul involontaire au moment où plus rien n'est visible en ce trou. Congratulations jetées en l'air tandis qu'aucune attention ne leur ai offerte et que nos jambes se remettent en marche telles des machines.
Gêne due aux pensées s'éloignants d'un but inavouable et reconcentration.
Désorientation d'un être fragile, tandis que la masse reste insensible aux assauts de ceux qui voudraient bien défendre la douce enfant.
Résonnance d'une flûte jouant un air martial. Queues de pies se mouvants au rythme des battements et de la mélodie de la flûte. Tonnerre grondant venant gâcher la marche, obligeant les randonneurs à s'armer en conséquence pour espérer rentrer sans avoir trop souffert des intempéries.
Bouffées de chaleur nous accablant, nous poussant à nous déplacer vers la fraîcheur.
Paroles réconfortantes pour la protégée du géant.
Quillons ouvragés comme le seraient des vitraux. Fusée maintenue par la force même d'un monde en proie à un mal auquel a poussé des ailes. Visage difforme voilant un solide coeur pur en fusion. S'assimiler à lui par une naïve volonté d'un mieux incertain.
Larmes emplies de chagrin recueillies par la douceur d'un esprit aux qualités mille fois vantées. Dépassement de la liberté pour s'octroyer le droit d'agir comme jamais nous ne le ferions, sans en perdre conscience.
Sensées ? Jugement. Relatées ? Assurément. Vérité ? Probablement. Quoi qu'il en fut-ce, nous étions déjà sorti du gouffre. A moins que nous ne faisions que nous immiscer en lui.
Par TrolKabu - Publié dans : Divers
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