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Dimanche 7 mai 2006
Je l'ai rencontrée par un beau jour de Calomer. En Terr'Vor'Calomer plus précisément, le mois de ma Race. Ce jour là l'air était chaud, et Sol frappait fort. Au sol la température devenait vite difficilement supportable. Mais dans les airs elle était extrêmement agréable. Je me souviens que j'étais sur le dos de Deanooelmbaeghod'Woli, mon ami. Que beaucoup appellerai "monture". Et que tout le monde nommait "Dragon". Nous étions à quelques trois cents mètres du niveau de la mer, entourés par les nuages épais et cotonneux d'un blanc aveuglant lorsque Sol venait à les irradier de ses rayons lumineux. Mon ami supportait sans mal mon poids et celui de tout mon équipement. Il affrontait aussi le vent puissant qui soufflait à cette hauteur, déplaçant les nuages comme on enverrait au loin la poussière d'un simple souffle. Malgré cela, ses déplacements restaient fluides et enivrants, slalomant entre les moutons du ciel, battant puissement l'air avec ses ailes pour regagner de l'altitude et se diriger, tout en me rappelant pourquoi je lui ai donné ce nom qu'il a bien voulu accepter. Je n'arrivais pas à me détacher de cette sensation de bien-être qui m'avais pris. Et pourtant ce n'était pas la première fois qu'une telle journée se présentait. Il y avait quelque chose de plus et d'inexpliqué. D'un coup mon ami amorça sa descente. Nous passâmes à nouveau sous la barrière nuageuse pour me laisser contempler l'immensité de ce monde. Malgré la piquée que faisait Deanooelmbaeghod'Woli, j'avais le temps de me remémorer ce que j'ai fait en chaque lieu que mes yeux parcouraient de si haut. Arrivés plus près de la terre ferme, le Dragon se redressa un peu, se préparant à slalomer entre les arbres comme il aimait à le faire. Les quelques sapins rencontrés furent frôlés par ses longues ailes souples, fines mais d'une puissance remarquable. Passant ainsi entre les troncs et touchant du bout des ailes les branches des résineux, je vis que nous nous rapprochions de plus en plus du village. A ce moment je me souvins que je n'avais pas eu de personne à guider depuis deux Djay déjà. J'étais passé à notre petite habitation, et avait enfourché mon ami tout en lui demandant de venir ici. Nous y étions, et lui se préparait déjà à poser à nouveau ses pattes griffues sur le sol de Ganareth. A quelques mètres de haut avant de le toucher, il se mit à battre des ailes pour freiner son élan et se permettre de s'arrêter sans se briser les os au contact de la terre. Il me semble que nous étions arrivés du côté Est du petit village. Cela importe peu de toute façon. Je vis alors cette ravissante Humaine à la beauté envoûtante. Je ne l'avais encore jamais vu et espérait qu'elle voudrait bien être guidé par le Demi-Troll que je suis. Sans hésiter je m'en suis alors rapproché, toujours perché sur le dos mon ami. Je l'interpelai poliment tout en lui demandant si, comme je le soupçonnais, elle venait de poser les pieds sur cette terre, la découvrant totalement. Elle fut tout d'abord surprise de me voir monter un Dragon, et me répondit ensuite par l'affirmative. J'étais ravi qu'elle accepte que je lui enseigne ce que je savais. Et le fut encore plus lorsqu'elle me persuada de la laisser monter derrière moi et de lui montrer ce que Deanooelmbaeghod'Woli était capable de faire. Je crois que je n'ai jamais vu personne si euphorique à l'idée de voler. Dès les premiers battements d'ailes de l'animal, elle s'émerveilla. Et ce fut ainsi tout le temps qu'elle passa au ciel. Il me serait impossible de décrire la joie qui l'avait envahie à cet instant, mais aucun doute que c'est ce qui me permis de recevoir mille remerciements de sa part lorsque nous nous quittâmes le Prenokt. Je m'en étais retourné dormir chez nous content, mais sans que ce soit démesuré. Le Nar'Djay fut tout aussi beau, et tout aussi calme le Marn. Jusqu'à ce que mon ami change brusquement de direction en plein cieux. Au début je ne comprenais pas, mais n'osais pas le rediriger, préférant savoir ce qui pouvait ainsi l'attirer. Nous revînmes au village pour y trouver une nouvelle fois cette femme. Elle était heureuse de me voir à nouveau accompagné de mon ami, et je l'étais tout autant de la rencontrer une fois de plus. Quant au Dragon, je crois que c'est la personne à qui il est le plus attaché après moi. Car depuis ce Djay, il saurait la retrouver où qu'elle soit. A force de la cotoyer, je me rendis compte qu'elle n'avais pas autant de connaissances que tous ceux que j'avais guidé jusque là. Je ne parle que des connaissances liées à la survie, à l'entraînement et à l'exploration. En fait, tout ce qui concernait ce monde lui semblait inconnu. Elle qui m'avait dis venir d'autres contrées bien différentes. Mais malgré son manque de connaissances, jamais je n'avais vu quelqu'un apprendre aussi vite. En plus de ça, suite à tout le temps passés ensemble, je découvris en elle une femme à la culture aussi vaste que mon Coeur, selon ses dires. Elle était belle, gentille, intelligente. Je m'étais épris d'elle, mais je me refusais à la priver de liberté, ce qu'elle voulait à n'importe quel prix conserver. Je n'avais pas de raison de l'en priver, et elle me remercia infiniment pour chaque geste que je faisais et qui la laissait libre. Peut-être le fait de lui avoir avoué mes sentiments envers elle l'a gênée. Je ne saurai trop le dire. Mais j'espère que cela ne la prive pas de la liberté tant désirée. Ce que j'ai fait de plus irréfléchis et de plus osé, était certainement le fait d'avoir posé mes lèvres sur les siennes pendant un temps extrêmement court, mais éternité en moi. Mes sentiments y étaient, mais les siens certainement pas. Je ne le regrette pas. Mais je m'excuse encore parfois de ce que j'ai fais. Elle avait déjà eu quelqu'un dans son Coeur, alors qu'elle venait de prendre la place unique du mien. Comment ais-je pu en arriver à l'aimer ? Je ne sais pas. Ca m'est venu d'un coup. Ce jour où je lui avais fait visiter les lieux les plus beaux, et aussi variés que possible. Nous nous étions arrêtés sur l'île Nord, tout à l'Ouest du Royaume d'Ysatis. Arrivés juste à temps pour voir le coucher de Sol. Elle avait adoré ce moment. Et moi aussi. Je la regardais, alors qu'elle se trouvais en plein centre de Sol. Mais curieusement, ce n'est pas l'astre qui m'aveuglait le plus. Juste avant mon départ pour deux Dekad, nous nous étions promis de nous revoir. Je lui avait présenté un Dragon tel que Deanooelmbaeghod'Woli. Elle en était folle de joie, et ce fut la première fois qu'elle me pris dans ses bras. Bien que j'eusse déposé mon baiser quelques Djay auparavant, ce que je ressentis à cet instant fut nettement plus fort. Mon Coeur en était écrasé, j'en frissonais presque, et ne pouvais plus articuler un seul mot. Ce jour, juste avant que je ne m'en aille, elle me demanda, quand je serai revenu, de la ramener sur cette île pour y admirer à nouveau Sol être engloutis par l'immensité de la mer. A cet instant, je compris que nous nous reverrions, j'en avais la certitude. Et j'eu raison de le croire. Nous nous étions retrouvé au village en pleine Nokt. Elle n'avait plus le Dragon que je lui avais offert, bien qu'elle m'ait promis d'en prendre le plus grand soin. Au bout d'un moment elle m'avoua qu'il s'était fais tué. Elle en était triste, et s'en voulais de n'avoir tenu sa promesse. Certainement se demandait-elle si je n'allais pas réagir mal en l'apprenant. Mais je n'avais rien à lui repprocher. J'étais certain qu'elle avait fais son possible pour que son Dragon vive. Elle n'a pu le retenir lorsqu'Agnar est venu le prendre. Mais elle avait fais son maximum, c'est tout ce qui m'importait. Je me souviens l'avoir emmené sur l'île peu après. Mais je n'ai aucun souvenir sur l'île même. Peut-être que j'étais trop obnubilé par sa présence pour laisser les souvenirs prendre place en mon Esprit. Depuis elle m'a fais la joie immense de venir aux Ruines et d'y avoir élu domicile. Je remercie encore Velkyn de l'avoir laissé franchir le Portail. Et tous mes amis pour lui avoir permis de rejoindre les nôtres. Je passe le plus de temps possible en sa compagnie, sans pour autant trop empiéter sur sa liberté. Elle vient parfois à la chasse où elle nous prouve ses talents d'Amazone et ses qualités de chasseuse, qui contredis ce qu'elle prétend être à la chasse. Nous nous retrouvons souvent autour d'une tasse de T'Hey dans la salle à manger. Lieu où la conversation se fait sans mal. Contrastant avec l'ambiance extérieure que j'affectionne particulièrement. Je ne trouve rien de mieux que d'être dehors avec elle. Et c'est encore mieux la nuit. Car les yeux ne savent où se poser tellement il y a de belles choses à admirer, même si elles sont transformées par l'obscurité. C'est là que la conversation a le plus de mal à s'établir, mais chaque mot prononcé laisse transaparaître un sentiment. Chaque phrase peut être liée à quelque chose que l'on n'ose dire à l'autre. Le jour où elle se rapprocha encore un peu plus de moi, je crois que rien ne pourra décrire la joie qui me prendra. Elle est ce que mon Coeur a de plus cher, et je m'en veux parfois de vouloir qu'elle me laisse prendre cette place dans le sien. C'est à elle seule de décider si moment où nous rapprocherions il devait y avoir. C'est elle qui doit me dire qu'elle se prive un peu de liberté en m'insunant au plus profond de son Coeur. Je n'ai qu'une chose à regretter de cet amour. Le fait de ne pas pouvoir offrir à Saphine ce qu'elle désire. Jamais je ne pourrai l'aimer comme Eve. Mais je resterai un frère pour elle et pour toujours. Je ne remplace son véritable frère, mort en la sauvant, mais j'en serai un autre, jusqu'à ce qu'Agnar m'emporte, ou l'emmène. Mais même à ce stade, je penserai toujours l'être envers elle. Lorsqu'elle s'est jetée dans mes bras, à peine après être sortis de sa chambre, en pleurant toutes les larmes de son corps, elle avait pris conscience que je ne pourrai jamais lui offrir l'amour qu'elle désire tant. Et cela m'a ammené les larmes aux yeux. Je m'en voulais tellement de ne pas pouvoir lui donner ce qu'elle voulait, pour son bonheur, pour qu'elle retrouve la joie de vivre. Mais je ne peux pas, même si je le voulais. Elle souffre. Elle se meurt. Son coeur agité heurtait sans cesse ma poitrine, ses larmes me donnaient des frissons en glissant sur ma peau épaisse, ses sanglots m'empêchaient de réfléchir clairement, et de penser à autre chose que son malheur. Je lui ai retiré ce qu'elle désirait le plus, et le seul espoir qui lui restait pour vivre. Elle ne m'en veux pas, je le sais. Mais plus jamais elle ne me regarda comme avant. Et je souffrirai chaque fois que je devrais la voir, l'entendre, la sentir, rien que le fait de la savoir proche de moi blessera. Rien que d'y songer me déchirera le Coeur et l'Esprit. Alors je n'ose imaginer ce qu'elle peut ressentir. Peut-être que celui qui lui a ouvert les yeux lui fera don de ce que j'ai déjà offert. D'un côté, j'aurai préféré qu'il ne s'éprenne pas d'elle. Mais d'un autre, c'est une des seules chances qui reste à cette jeune femme pour s'en sortir.

TrolKabu
Par TrolKabu - Publié dans : Au coeur des Royaumes de Ganareth
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