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Au coeur des Royaumes de Ganareth

Dimanche 7 mai 2006
Peu importe mon véritable nom, j'ai préféré l'oublier depuis ce jour tragique qui fait que la vie ne m'apporte plus vraiment de joie. Que fais-je devant cette feuille à écrire avec cette longue plume de Griffon que je trempe régulièrement dans l'encre de Zourit ? Peut-être est-ce juste l'envie de réciter ma vie. A moins que ce ne soit rien d'aussi futile, et que je désire ardemment apprendre aux curieux qui je suis vraiment, passant outre les racontards à mon sujet. Voire même apprendre quelque chose qui pourrait tournebouler la vie de certains. Bref, il n'y a aucune importance à savoir pourquoi j'écris, puisque je le fais. Entre autre... Il me faut un titre... Pas de titre stupide, tel "Ma vie, par Shascor" ou encore "Les aventures d'un Chevalier Noir". Non rien d'aussi bête, d'aussi peu évocant. Pourquoi ne pas rendre un dernier hommage à ceux qui périrent par la main d'adorateurs de l'autre Magie ? Oui... Leur offrir une dernière lettre, même si certainement aucun ne subsiste encore par ces temps troublés. Voilà que j'aperçois Iriel. Elle est gentille cette petite. Mais elle n'a pas l'air de comprendre que tout ce qu'elle fait pour moi est vain. Elle me demande de sortir un moment du fauteuil où je me suis enfoncé, réchauffé par le feu agité dans l'âtre. Cela est bien nécessaire pour lutter contre le froid qui envahit le Nord des terres en ce rude Winiver. Je disais donc qu'elle me demande de sortir chercher du bois pour le feu. Je n'ai pas envie de me lever pour me geler les orteils dehors, tout ça pour prendre quelques bûches alors qu'il en reste suffisemment dans chaque pièce. J'irai nous réapprovisionner demain, quand Sol percera davantage à travers les épais nuages gorgées de denses flocons glacés. Je lui dis "kacinekolas", tout en replongeant la tête dans mes écrits. Elle n'a pas l'air d'avoir saisi le véritable sens, mais elle s'en va quand même en ronchonnant. Oui... Enfin un titre qui pourrait être bon. Ainsi seront-ils peu à le comprendre, à moins qu'aucun ne le puisse. Mais le titre importe peu, ce qui suit est plus instructif pour ceux qui peuvent voir un intérêt à lire le récit de certains évènements de la vie d'un Elfe Noir.



Sö lhanzeak dë Woli




Que dire de mon enfance ? Rien, je crois qu'il n'y a rien à dire. Cela n'apporterait rien de bon à ce que l'on apprenne qui sont mes parents, et si j'ai ou non des frères et soeurs. Leur mort ne me tirerait pas la moindre larme ou le moindre chagrin. Je ne ferais que regretter leurs qualités, rien de plus. Certains penseront que je suis un monstre de ne montrer aucune affection envers eux. Mais si je le pouvais je le ferai. Ce n'est pas pour rien si l'on me nomme Shascor. Vous aurez compris que ce nom vient du fait que l'on me traite de "Sans Coeur". Rien n'est plus vrai. Dérivation qui s'est opérée à force de ragots à mon sujet, passant de villages en villages, traversant les rivières et les forêts, surmontant les falaises et s'engouffrant dans les mers pour atteindre les villes et autes forts. Ce nom paraît bien commun, mais il a une signification que beaucoup ignorent. Simple fait du hasard qu'elle me soit attribuée, mais elle me correspond parfaitement. Je ne l'expliquerai pas ici, et même jamais à qui que ce soit. Sauf si je parviens à retrouver ne serait-ce qu'une infîme parcelle de ce qui a implosé en moi. De ce qui fait ce que je suis Mid'Djay.


Elle était la plus jolie à mes yeux, et quand j'y repense, je suis encore du même avis. Je ne sais même plus où nous nous étions rencontré. Certainement dans ces grottes sombres où nous vivions. A vrai dire je m'en fiche. Tout ce qu'il est important de savoir c'est que nous nous aimions. Moi, Elfe Noir ayant suivi les enseignements de Morlach, et vénérant toute l'intelligence et la chaleur de Calder dont je me nourissais autant que de la présence de ma bien-aimée. Je ne vous parlerai pas plus d'elle, même si cela ne gênerait pas, puisqu'elle est morte après que je l'ai trouvée dans les bras de mon meilleur ami, un Elfe Noir, comme elle et moi. D'ailleurs lui aussi est mort. Non je ne les ai pas tué. Ils sont mort trop tôt, et je les aurai évité autant que je pouvais quoi qu'il en soit. Elle est morte de chagrin quelques jours après ma découverte. Et lui a mis fin à sa vie voyant qu'il avait perdu son meilleur ami et celle qu'il chérissait.


Mon Coeur fut brisé. Vous ne comprenez peut-être pas ce que cela signifie. Mais c'est ce qui arrive quand la confiance envers les êtres les plus chers que nous avons s'estompe. Trahis par mon meilleur ami et celle pour qui j'étais prêt à me sacrifier. Comment faire encore confiance aux autres ? Même à sa propre famille. Vous ne savez sans doute pas ce qu'avoir perdu le Coeur veut dire. Je vais vous dire que cela ne tient compte que de la philosophie que j'ai partagée avec de sages êtres que j'ai rencontré. Que j'ai voulu rencontrer. Au delà des apparences, je savais que les Demi-Trolls n'étaient pas plus bêtes que quiconque. Ils sont plus impulsifs, et moins vifs d'Esprit à cause de leur origines Trolls. Mais leur Humanité a fait du bon travail. Certains agissent tels des bêtes, en fait peut-être tous selon les circonstances. Mais je suis certain que bon nombre égalent sans difficulté les nôtres, et que certains atteignent la sagesse des plus grands. Don de Malecta sans aucun doute, généralement couplé à une intelligence dont Calder pourrait être fier.


J'étais parti des grottes dans le but de trouver quelques Demi-Trolls à qui parler, pour apprendre d'eux, et leur apprendre. Je n'avais alors pas encore rencontré celle qui m'a trompé. - Voyez comme je suis incapable de tenir la chronologie d'un récit - Les Marais de la Catin du Walh me semblaient être l'endroit idéal, et le plus représentatif de cette race ô combien rejetée partout à la surface de Ganareth - Autant que sous celle-ci - De nombreuses fois j'avais dû sortir ma lame pour mettre un terme à la furie de mes aggresseurs. A savoir que je n'attache aucune importance aux objets, quels qu'ils soient, contrairement à la plupart de mes congénères Chevaliers Noirs comme moi, qui eux s'attachaient à leurs armes et leur donnaient des noms, croyant qu'elles avaient été forgées pour eux seuls, qu'elles étaient uniques dans leur manière d'être fabriquées, et tout ce qui s'ensuit. Bref, je m'en voulais d'avoir à occir ces gens, je n'avais pas le choix, mais ils ne semblaient pas vouloir m'écouter, ou alors ils ne comprenaient vraiment rien. Un seul a bien voulu m'écouter, ou plutôt, j'ai cru qu'il m'écoutait. Alors qu'il n'avait écouté que de la voix d'un des siens. Celui qui venait sur moi n'avait pas la même rage lisible dans ses yeux que dans ceux qui m'avaient attaqué précédemment. Il ne bavait pas et ne montrait pas ses dents prêtes à déchirer ma chair. Il était déterminé, mais pas fou. J'aurai certainement la même expression si l'on venait à envahir nos grottes. Je m'étais retourné pour voir qui avait bien pu stopper le colosse et sa hache. Sortant des buissons épais, se faufilant entre les lianes pendantes les pieds dans l'eau nauséabonde des marécages, un vieil être s'approchait de moi. Ses habits loin d'être en loques étaient très rudimentaires, mais nul doute que la fourrure dont ils étaient fais tenait mille fois plus chaud que mes vêtements, aussi riche faisaient-ils. Il s'était approché jusqu'à tenir son long bâton juste sous mon nez. Bien que vieux et courbé, il avait le visage au même niveau que le mien, alors que son compagnon debout derrière moi me dépassait d'au moins deux têtes. Nous avions commencé à parler, un bon moment, jusqu'à ce qu'il m'emmène dans un village dont il était le sage. J'ai passé des Monad et des Monad avec eux. Apprenant tout ce qu'il fallait savoir sur les Marais de Malecta et sur la race des Demi-Trolls. Tout d'abord, il n'existait pas de villes à proprement parler, juste des petits villages, ou communautés regroupant une vingtaine voire une soixantaine d'individus, régis non pas par un chef de guerre, comme les ragots le disaient, mais par le plus ancien et le plus sage de tous. Son autorité s'imposait d'elle-même, jamais de conflits n'éclataient pour qu'un villageois prenne le pouvoir. Ils n'y trouvaient aucun intérêt et préféraient vivre de la sagesse et de l'intelligence de celui qui les dépassait. Il fallait aussi savoir que chaque village possédait un dialecte unique, comprenant aussi une langue commune qui n'était employée que lorsque des Demi-Trolls d'une communauté différente venaient à se rencontrer. Les rituels de chaque village marchaient sur le même principe, certains étaient communs à tous, et d'autres parfaitement uniques. Il était évident que tous n'étaient pas aussi instruits et sages que l'étaient ceux avec qui j'ai vécu. De mes nuits passées à converser avec l'Ancien autour d'un bon feu à déguster les mets des marécages - Au passage vraiment excellents s'ils sont cuisinés convenablement, bien que leur aspect soit généralement repoussant et que la chasse soit extrêmement difficile au milieu de la vase et des sables mouvants - sortirent deux choses que le village fut fier de montrer. Une philosophie particulière et pourtant commune à tout un groupe de gens. Et de celle-ci découla une langue que le village s'empressa d'adopter, laissant de côté celle employée auparavant. Nombre d'entre eux devinrent de véritables amis au fil des ans - J'avais entre temps rencontré ma douce lors d'un saut aux grottes - , particulièrement cet Ancien, mort au moment où j'écris ceci, que je dû quitter pour retourner auprès des miens, non sans la promesse de revenir un Djay.


Quand je la découvris avec lui, je restai interdit, pétrifié par ce que je voyais. Je leur avais dis qu'ils n'auraient jamais intérêt à me croiser sans quoi ils mourraient de mes mains, je m'en étais allé leur tournant le dos. Alors qu'elle s'aggripait à ma jambe en pleurant. Je la traînai ainsi jusqu'aux escaliers où elle me lacha, resta assise en train de se vider de toute son eau. Je n'éprouve pas la moindre douleur en y repensant, aucune lance ne vient me perforer, je suis insensible à ce genre de choses. J'étais parti saluer tous mes amis avant que mon Coeur ne se désintègre totalement. Le premier fut ce sage ami avec qui j'avais certainement passé les moments les plus enrichissants de toute ma vie. Il s'en voyait navré, car il comprenait très bien ce que cela signifiait. Je ne peux plus aimer, je ne ressens plus la moindre douleur à voir quelqu'un perdre la vie, même un être qui aurait pu être cher à mes yeux. Juste le regret de ce que cette personne était et qui est maintenant perdu. Plus d'amour, plus d'amitié, plus de confiance, plus de joie de vivre même si je suis toujours capable de rire et d'apprécier les moments qui m'apprennent ce que j'ignore. Perdre son Coeur n'enlève que du bon, car je suis toujours capable de haïr, de m'énerver, d'être de mauvaise humeur, de tuer. Après avoir signifié mes adieux aux amis qui me restaient, je ne vivais plus vraiment. Je ne trouvais pas vraiment de goût à la vie, et pourtant je continuais. Ne travaillant que pour de l'argent, écumant les routes à la recherche de Goths pour pouvoir vivre. Je ne travaillais pourtant jamais pour quelqu'un si ma mission allait à l'encontre de mon bon vouloir. Je n'étais pas un de ces tueurs sanguinaires stupides qui tuent tout et n'importe quoi pour une bouchée de pain. La furtivité et la maîtrise de l'art de Chevalier Noir dont j'avais fait preuve dans les armées de Dînsereg me valaient de fortes sommes à chaque fois, que ce soit pour des meurtres, de simples escortes. Voire, et ce qui me plaisait le plus, garde rapprochée d'une personne. Toujours de charmantes demoiselles, souvent des amantes de nobliaux qui étaient prêt à débourser des sommes folles pour leur sécurité. Ils savaient très bien que jamais je ne m'éprendrai d'elles, alors ils me faisaient confiance, et me payaient pour quelques mois, le temps que les choses se calment après quelques tentatives vaines de la part de gens malintentionnés.


L'un de mes employeurs était un Humain sans scrupule, mais les missions qu'il me donnait étaient acceptables et surtout extrêmement bien payées. Il vivait et remplissait ses coffres grâce aux assassins qu'il employait. Je faisais partie des plus importants avec deux Humains, dont l'un semblait assez honnête malgré son travail, opposé à l'autre, une vraie machine à tuer. Un Elfe des Bois, mille fois meilleur que moi dans la capacité de se camoufler, et un Haut-Elfe détestable, mais maîtrisant la Magie Claire comme je ne l'avais encore jamais vu. L'un de ses seconds était un Illusionniste Dark, lui aussi impressionant de compétences. Il était plutôt sympathique, mais restait généralement dans l'ombre de celui qu'il considérait comme son maître. Il m'avait plus d'une fois fait montre de ses talents, et il m'épatait toujours de plus en plus. J'en appris ainsi beaucoup sur son soi-disant maître. Mais je ne le raconterai pas. Tout ce que je peux dire d'autre est que j'ai quitté cette vie de mercenaire quand Dînsereg lui-même me confia une mission qui me plaisait plus qu'une simple bourse, aussi pleine soit-elle. C'est pourquoi je suis ici à écrire.










Me voici revenu... J'ai vieilli. Physiquement je suis toujours le même. Toujours cette capacité à me cacher où bon me semble sans être vu, à surprendre ceux que j'accoste parce qu'ils ne m'ont pas entendu venir. Toujours cette maîtrise tant de fois flattée de rendre grâce à Morlach. Mon sable coule toujours, à la vitesse des Yano. Et mon Esprit coule différemment à chaque nouveau grain tombé. J'ai enfin retrouvé cette vieille histoire, enfouie sous des monticules de poussière, au milieu des toiles d'araignées et de leurs occupants. Entre deux murs et deux sables. Je ne me souviens pas pourquoi j'ai caché tant de choses en écrivant lorsque cet endroit ressemblait vraiment à un château. aujourd'hui il n'est plus qu'une Ruine désespérément vide. Si ce n'est notre A'Quarthus qui me tient compagnie. Je suis revenu. Pour que ceux se sentant concernés et dignes de m'aider dans ma quête me rejoignent. Non pas venir à mes côtés. Mais suivre un but commun. La vengeance est toujours présente dans mon Esprit. Mais je ne dirai rien sur mon Coeur... Il ne vaut mieux pas. C'est la seule chose que je tairai dorénavant.


Me voici donc de retour. - Et je ne me suis toujours pas amélioré en écriture, pauvre de moi - Lysart l'infâme a quitté Melays l'Humain qui fut mon commanditaire comme cité précédemment il y a quelques Yano sur ces mêmes pages griffonées et vieillissantes. J'ai appris qu'il était allé se mettre au service d'un Baron de sa race. Que ce même Baron avait pris le contrôle du village où j'avais passé tant de bon temps. Que l'esclavage était de mise, et que nombre des autochtones avaient déjà succombé. Trois Yano après la prise de pouvoir de ces terres, un petit groupe réussit à berner la surveillance du Baron et s'enfuit au-delà des marais. Ce dernier aurait chargé Lysart de le traquer et de tous les mettre à mort. Les derniers échos qui me sont parvenus font état de la mort de tous les fuyards. Mais surtout d'un vengeur qui aurait mis fin aux exactions de leur oppresseur. Je recherche cette personne, si tant est qu'elle est encore en vie suite au brasier qui consuma le village entier et ses habitants. Je ne sais si l'un d'entre eux a pu en réchapper, mais je traquerai à mon tour celui qui a jadis traqué ceux que je considère comme miens. Dussé-je y passer l'éternité, je poursuivrai ma route et j'espère un jour revoir l'un de ceux qui faisaient ma fierté et mettre à mort ce fou de Lysart.


Peut-être devrais-je en dire davantage sur ce que j'ai fait après avoir été lassé de ma vie de mercenaire. Je parlais d'une offre de Dînsereg. Mais je n'ai pas dis que j'étais retourné au sein de son armée pour lutter contre la menace des Dragons. Seulement quelques Dekad après ma réinsertion, j'eu le privilège de recevoir la visite de ce grand meneur d'hommes. Nul doute qu'il avait eu vent de ce qui m'était arrivé lorsque je partis de l'armée auparavant. Il avait dû savoir aussi ce que fut toute ma vie. Et il n'oublia pas les talents dont mes anciens camarades faisaient l'éloge aux officiers. Il m'invita à passer la soirée en sa compagnie assis autour d'une table pleine de bons mets dans sa tente. La discussion avait été des plus agréables et surprenante. Engagée par l'état de ma santé, et dérivant rapidement sur l'état de notre armée. Il me parla aussi longuement de Vuuar, qu'il voulait ralier tous les adeptes des Sombres Cristaux sous la même bannière, ou je ne sais trop quoi du même ordre d'idées. Passé ces choses futiles, il commença à me questionner sur ce que j'avais appris de mes Centi passés auprès des Demi-Trolls. J'en fus surpris mais ne manquai pas de tout lui raconter, alors qu'il se montrait vraiment très intéressé. De tous les hommes qu'il avait sous son commandement je devais être celui qui en savait le plus sur eux. C'est pour cette raison qu'il me proposa de partir lutter contre la menace de Dragoon dans le Sixième Royaume, à la tête d'un détachement plutôt diversifié. Nous avions de tout, tout le temps et toujours quand il fallait. Le fait de connaître parfaitement les Demi-Trolls me permettait d'engager la discussion avec eux et généralement de les convaincre de se joindre à nous, ne serait-ce que l'instant d'une bataille. La plus mémorable fut celle qui nous mena face à de nombreux soldats de Dragoon, tels les Orcs et les Trolls ainsi qu'une puissante troupe de Dragons. Ce jour là on aurait juré que toutes les tribus Demi-Trolls s'étaient ralliées à nous pour vaincre l'oppresseur. L'ennemi était de loin supérieur en nombre jusqu'à ce que cette nuée de sang mêlé vienne à notre encontre. Se joignant à nos rangs nous remportâmes la plus difficile et la plus fantastique des victoires sur les Dragons. Enfin de celles que j'ai vécu bien entendu, Dînsereg devait lui aussi se battre dans de telles conditions à chaque fois. Je n'épiloguerai pas sur la bataille, cela n'a pas d'intérêt - Même si j'ai dis que je raconterai tout - et j'ai dis ce qu'il y avait d'important.
Par TrolKabu
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Dimanche 7 mai 2006
Le vent cinglant soufflait sur la morne plaine ballotant des arbustes chétifs épars. Rabattant les gouttes sur mon visage. Elles roulaient lentement sur son long, puis s'engouffraient dans mon cou. Mon panache et mon plumail n'étaient plus que des plumes gorgées d'eau, elles tombaient lamentablement le long de mon corps, donnant une impression de lassitude et de désespoir. Ylkhorn marchait serainement sur le sol meurtri et boueux, comme si de rien n'était. Il ne souffre pas des intempéries, tout comme moi. Vespene dressé sur mon épaule subissait la pluie batante, il se protègeait de ses ailes comme il le pouvait. Mais il restait à mes côtés, fier et fidèle. Il ne me quittait plus en ces instants de doutes. Il se rattachait à celui qu'il aimait grâce à celle que je porte. Lentement je me retournai, regardant les passagers. Ils avaient l'air calmes et détendus, ils profitaient du bon temps. Ils étaient presques insouciants. Moi, j'étais sur le qui-vive. J'avais un mauvais pressentiment. L'air était de plus en plus humide, la brume commençait à tomber, recouvrant de son voile impénétrable ces terres désolantes. La lourdeur du silence qui règnait en ce lieu me glaçait l'échine. Seule la plainte incessante du vent et le fracas des gouttes sur mon armure couvraient le bruit de la discussion qui avait lieu derrière moi. Les paroles en devenaient incompréhensibles et se transformaient en une chanson mélancolique spectrale. Sa douce chaleur m'emplissait le coeur, encore un avertissement. Les innombrables corbeaux qui foulaient le sol, s'envolèrent dans les cieux nuageux. Le vent redoublait d'efforts, la pluie nous assaillait de plus en plus violemment. La chaleur bienfaitrice s'était transformée en une brûlure insoutenable. Sentant le moment fatidique approcher, je soulevai ma visière, tournant la tête vers Vespene, et lui commandai :

-Tôsaler ! Tôswoler ! Tôspartyr kerker kaks ! Tos kabu powyr suwer rak !

Il s'exécuta, comme s'il avait compris le message...On apercevait sa silhouette, voilée par la brume, volant difficilement dans de telles conditions. Mais je savais qu'il ne faillirait pas.


Des silhouettes se laissèrent apercevoir au milieu de la brume. Plus je regardais autour de moi, plus elles semblaient nombreuses, comme si elles se multipliaient. Nous étions encerclés de toutes parts. Je me retournai immédiatement, rejoignant la calèche. Ils me regardèrent l'air interrogateur.
-On nous empêche d'aller plus loin...

Je me saisis de mon arc, et y encochai mes trois uniques flèches qui pendaient à ma ceinture, prêt à les acceuillir comme il se devait...Le premier d'entre eux eut le privilège de recevoir une flèche dans le ventre et dans la gorge, la dernière manqua de peu un de ses congénères. Remettant mon arc dans le dos, je pris en main mes haches de lancer. Un épéiste se ruait sur moi, situé à une vingtaine de mètres, je les lançai de toutes mes forces. Tournoyant sur elles-mêmes à une vitesse folle, elles fendaient l'air. La première se planta lamentablement sur son bouclier, mais la seconde lui arracha le visage dans une gerbe de sang. J'aggripais mon marteau, voyant arriver les Hauts-Perchés par dizaines. Je lançai Ylkhorn à la charge. Les quelques fous qui restaient sur mon chemin voyaient leurs boucliers voler en éclat sous la violence des coups de marteau.

Je les vis surgir de la brume en hurlant toute leur haine. Ils déferlèrent sur leurs arrières, les écrasant sans pitié. La rage qui les animait faisait d'eux des bêtes. Ils ne s'arrêtaient pas dans leur lancée. Pulvérisant leurs rangs pour enfin rallier notre petit groupe. Je ne prenais pas garde à ce moment là, et un coup violent dans le torse me fit tomber de cheval. Ma lourde chute m'étourdie quelques instants, suffisemment pour qu'un Haut-Perché en profite. Le coup fatal allait m'être porté lorsqu'une flèche vint se planter droit dans son crâne, il s'écroula sur moi, son arme se planta tout près de ma tête. Je la penchai en arrière pour voir Ireth, perchée sur la calèche, abattant d'une flèche bien placée tous ceux qui s'approchaient de trop près. Juste le temps pour moi de me relever.
Mais ils étaient trop nombreux, nous ne faisions que reculer. Aucun d'entre nous n'avait encore succombé, hormis quelques serviteurs morts-vivants réanimés par Goetia. Nombre de mes frères étaient blessés, mais ils continuaient à lutter pour leur salut et pour le nôtre. La fatigue se faisait sentir, nos espoirs diminuaient, tout semblait perdu...
Elle se mit à me brûler comme jamais elle ne l'avait fait auparavant. Je me tordais de douleur, recroquevillé sur moi-même. J'avais à peine la force de garder les yeux ouverts pour voir ce spectacle surprenant. Ils ne faisaient qu'un avec la brume, ils en surgirent sans qu'on ne soupçonne leur présence. Pourquoi tant d'acharnement sur nous ? Les Perfides ne suffisaient-ils pas ? Il fallait que les spectres en profitent pour voler nos âmes. Ils s'approchaient de nous, faisant barrage de leurs corps éthérés. Leurs visages morts s'étaient fixés sur moi. Je reconnu en eux, ceux qui me cotoyaient il y a de cela quelques années...Ils fermèrent ce qui restait de leurs yeux, pour les rouvrir quelques secondes plus tard, en poussant des cris d'une stridence assourdissante. Ils étaient maîtres de nos âmes et de celles de ces perfides. Ils traversèrent leurs rangs, les blessant au plus profond d'eux. Les Hauts-Perchés succombaient juste en étant traversé par les esprits. Nous ne bougions plus, regardant avec quelle efficacité ils décimaient cette armée. Une fois leur besogne achevée, ils revinrent auprès de moi, me regardant une dernière fois avant de disparaître dans le brouillard. Sur le sol gisaient des corps intacts mais dépourvus d'âmes. L'amulette avait cessé sa brûlure infernale, pour laisser place à une douce chaleur. Les miens étaient revenus nous protéger...


Vespene réapparu, il se posa à nouveau sur mon épaule. Il avait accompli sa tâche avec succès. Son maître aurait été fier de lui.

Les Trolls me regardaient impassibles, attendant un quelconque geste de ma part.
Je me mis à les haranguer comme le ferait un militaire avec ses troupes :

-Aras sep ! Tok awyr örepodr ä ara ezwinxal ! Tok awyr ösuwer araks woli ! Ë cët ekolys, rak aler weger araks sep ët araks kamas ! Që Elbrom moryr pör cë që kas fyr ä arak ispiob !
GLOFKO Ä TROLL !!!

Il reprirent tous en coeur, brandissant leurs armes au dessus du sol nourri du sang de Hauts-Perchés. Leur fidélité était sans faille, leur courage sans fin et leur détermination inexorable.
Me retournant vers mes amis, étonnés par la présence des Trolls et de notre conversation, je leur dis :

-Ils sont de mon village...Hier, pendant la nuit, j'y suis allé. Je les ai rencontré par hasard. Ils ont fuit le malheur de ces lieux, sous le joug de perfides...
Ils ont sauvé nos vies ! Je me dois de les aider à mon tour...Je vous conduirai hors des marais, jusqu'à leur lisière. Puis je vous abandonnerai. Je reviendrai lorsque j'aurai lavé les affronts fait à mon peuple.


*Regarde le demi-troll avec un air étrangement calme et serein*
- Dis-moi... Tu crois vraiment que tu vas me tenir à l'écart de quelques hauts-perchés à massacrer ? Je crois que nous pouvons bien faire encore un détour... Et ne me sort pas l'excuse du Je-dois-le-faire-seul-pour-le-bien-de-mon-peuple... on est pas au théâtre, ici...



Nuit précédente :

Nous avions installé notre camp sur la colline surplombant la plaine presque désertique. Je reconnaissais ces lieux...Ce sont ceux de mon enfance...ceux où j'ai grandis...ceux desquels je me suis enfuis...Et au loin...mon village, dissimulé dans la brume...Le village que je m'étais promis de venger...Je n'avais jamais eu le courage de revenir ici...affronter mon passé...Aujourd'hui j'étais au pied du mur...Le désir de le revoir dépassa ma volonté de garder ceux qui me sont chers. Je m'en voulais de laisser ainsi ceux que je suis censé protéger. Sans me poser plus de questions, pour ne pas amplifier mes remords, je me saisis des rênes d'Ylkhorn et montai sur lui. Je le fis avancer au trot dès que Vespene fut perché sur ma targe. Rapidement je passai au galop, descendant dans la plaine.



Il m'était impossible de trouver le sommeil en ces lieux, parmis eux. Je les craignais, particulièrement Goetia et Sadra. Ils n'étaient pas désagréables avec moi, mais en tant qu'Elfes Noirs, ils sauraient un jour me reconnaître. je voulu sortir pour chercher au près de lui le réconfort. Il était de garde, mais il semblait agité. Il faisait les cents pas. Tournant en rond autour des braises encore ardentes. Quelque chose le tracassait. Par moment il s'arrêtait, regardant dans le vide, puis il repartait en trainant les pieds. Il avait l'air indécis...Soudain il enfourcha Ylkhorn et partit dans la plaine en direction des marais. Pourquoi nous abandonnait-il ? Il nous laissait sans défense, laissant vaquant son poste pour je ne sais quelle raison. Pourquoi nous met-il en danger ainsi ? Pourquoi me laissait-il ici avec ma peur et mon chagrin ?


Il nous fallut une demi-heure de course avant d'atteindre les premiers arbres feuillus à lianes. La brume nous avait accueilli depuis un moment déjà. Mais les relents fétides de la vase ne nous parvinrent que bien plus tard. Nous arrivions face au marais, ses herbes folles, son nuage impénétrable... Ylkhorn commençait à s'agiter, Vespene aussi, ils sentaient une présence. Moi aussi je me sentais observé. Soudain une lance venant de nulle part se planta devant moi. Un groupe de Demi-Troll commença à s'approcher de moi, m'encerclant. L'un d'eux m'interrogea :

"-Qï eter tos ?
-TrolKabu, fahgra dë cët ifbolrhi. Utrefy TrolWyrd.
-Tos eter cekas qï awyr ölacer pegawhe ë araks odgyn.
Tos wenyr ë cë ekolas wîkr Xrakat ?"
J'étais devenu un symbole pour mon peuple. Mais je ne méritais pas cet honneur. D'autres valaient bien mieux que moi. Bons nombres ont péri durant ces longues années. Et je ne voulais pas passer pour un sauveur...juste une âme solitaire...
"Elbrom eter prä rak. Kas tur, kas pÿer, kas sä glub.
Rak alerö rak refugyr dä khyfow onug, mÿ pïq tos eter lä, powyr eter tos yderä rak.
-Ras nok eter lä pör arak ispiob. Mä ras rewenyrä lörsq ara botlon eterä öakoplyr.
-Ä tos rak fyr idcyd dë odrywing !
Ä tos rak remetr araks woli !
-Ä tok ras gurer kamas ët ofwung !"
Ils étaient prêts à se sacrifier pour moi. Prêts à mourir pour leur peuple. Prêts à affronter les Dieux s'il le fallait. Nous avons passé tout le reste de la nuit à palabrer. Malecta avait bel et bien répandue sa sagesse parmis mon peuple. Ils avaient eu vent d'informations comme quoi le Baron était en ville avec son escorte composée de gardes d'élite. En deux jours il avait fait autant de mal qu'en quelques années. Ils pensaient l'assassiner, mais ils n'étaient pas confiants, les troupes d'élites du Baron étaient réputées pour être invincibles. Avec moi à leurs côtés ils n'hésiteraient plus une seule seconde. Malheureusement je ne pouvais m'en occuper en ce moment même. Ma mission était toute autre. Mais je les rejoindrai dès que je l'aurai accomplie.

Ils m'avaient longuement questionné sur le chemin que j'ai suivi. Ils étaient attristés d'apprendre le funeste sort que les Hauts-Perchés avaient réservé à ceux qui un jour avaient osé se rebeller. Ils furent interessés par mon entrée parmis les Seigneurs Darks, y voyant une autre voie que celle de l'errance qui caractérise la plupart des Trolls. Aussi leur parlais-je de l'étrange sensation qui m'habitait depuis que nous étions entré sur ces terres. À ce moment là je revécu encore cet étrange rêve qui m'avait abandonné depuis longtemps, je me rappelai la dernière fois qu'il m'avait blessé, ce fut le plus violent de tous...


*La pluie abondante, rabattue par le souffle du vent, me trempe jusqu'aux os. Elle s'infiltre par mon armure, me glaçant le dos.
Mon cheval marche droit, il ne m'entend pas. Il poursuit son chemin, comme si je ne lui disais rien.
Je me retourne alors pour voir la calèche que je conduis. Ses occupants sont sans visages, sans vie.
Ils n'ont pas de visages, mais ils se plaignent. Les sons qu'ils dégagent s'étendent dans la plaine.
La brume s'abat sur ce paysage morne et ennuyeux. Les corbeaux s'envolent dans les cieux.
Le vent émet un long gémissement, trahissant un affrontement.
De la brume naissent des formes indéfinies. Plus elles se rapprochent, plus elles ressemblent à des corps sans vie.
Les spectres, aux regards vides, s'approchent de moi tels des hommes avides.
Chaque contact blesse au plus profond mon âme, mon corps est intact, mais leurs coups sont commes des lames.
Sous la douleur je tombe de ma monture, entendant les voyageurs rirent de mon imposture.
Comme dans un miroir je vois mon visage, c'est sans espoir que j'accomplis mon dernier voyage.

Je me réveillai en sursaut...Une telle douleur...Avec la chaleur...Elle a marqué ma peau...
Je la saisis pour l'enlever, mais je fus surpris, elle ne m'avait pas brûlé la main. Seul mon coeur avait reçu ce "privilège".*


Je faisais ce rêve depuis trop longtemps, je l'ai ressenti trop de fois, j'ai subi ses coups trop souvent. Maintenant je vois, ce n'est pas mon imagination, c'est une prémonition.
Aucun doute...Les lieux concordaient parfaitement...L'ambiance était la même...Le temps lui aussi était d'accord...Demain une autre page se tournera...





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Les yeux sortirent de l'eau boueuse, de la vase nauséabonde agglutinée sur les cheveux d'ébènes dégoulinait lentement sur le visage. L'être insouciant somnolait, plongé dans un rêve qui deviendrait bientôt éternel. La masse s'extirpa de son emprise gluante. Lentement elle grimpa sur le ponton, sans le moindre bruit. Ses yeux de félin se plissèrent. Sa main se contracta. Ses pas étaient légers, imperceptibles. Dans un mouvement furtif et rapide il arracha la chair de la gorge du rêveur, avec un sourire carnassier. Il se tint le cou, s'agenouilla et suffoqua. Le sang sortit en un gargouillement abjecte, coulant le long de sa main pour ensuite passer à travers le bois du ponton et achever sa course dans l'eau trouble du marais. Le corps inerte fut glissé délicatement dans l'eau. Coula à pic, dissimulé par la vase, les herbes folles et la brume. L'assassin replongea aussi furtivement qu'il était sorti. On devinait plusieurs silhouettes se déplaçant sous l'eau, se rapprochant d'un autre petit ponton tout vermoulu. Un épéiste et un arbalètrier patrouillaient sur son long. L'arbalètrier était à l'arrêt. il s'apprêtait à faire demi-tour quand une hachette se planta dans sa tête. Son nez éclata et son corps fut projeté dans l'eau dans une gerbe de sang, éclaboussant l'épéiste resté immobile, choqué par cette vision. L'acier froid lui perfora le ventre, ressurgissant de l'autre côté maculé de sang bouillant. Il se tenait à la lame, les yeux révulsés. Son corps, lui aussi sombra dans les profondeurs. La paire d'yeux menait le groupe. À l'entrée du village siègaient des trophés putréfiés empalés, leurs squelettes étaient à moitié visible. Ils attendaient celui qui les ramènera à la vie. De la brume il surgit, ses yeux cramoisis éclairant la nuit. Tous le regardaient comme le messie. Comme le sauveur d'un peuple. Pourtant il n'était rien de plus qu'eux. Il n'avait fait que ranimer le peu d'espoir enfouit au plus profond de leurs coeurs.


TrolKabu et les siens avaient ouvert la voie à notre petite troupe. Leur efficacité était redoutable. Les gardes tombaient les uns après les autres sans rien pouvoir faire. Ils avançaient aisément dans l'eau trouble et nauséabonde, la brume ne faisait qu'améliorer leur furtivité. À l'entrée du village nous acceuillaient des corps empalés. Le mal existait chez les Darks comme chez les Lights, mais je ne croyais pas capable un noble seigneur de traiter ainsi une autre race. Que je suis naïve ! Il les exploitait pour son profit, juste parce qu'ils sont Darks. Je voyais là une autre face du monde. La lutte des deux magies n'avait guère d'importance pour eux. Ils voulaient vivre libres. ils voulaient venger leurs années d'oppression, d'exploitation. Le moment était venu pour eux de se battre pour leur peuple.

-Mes "frères" paieront pour cet affront !
Comment ai-je pu laisser échapper de telles paroles ? Tous me regardaient avec un air méprisant. Sadra s'approcha de moi, ses lames en mains.

-Que je suis stupide de ne l'avoir remarqué... Elle est du côté de la lune pâle et je n'ai rien vu... Et toi qui l'amène avec nous !
-Je...Je ne voulais pas vous causer du tort. J'ai vu ce que les miens sont capables de faire, et je comprend maintenant votre haine. Mais croyez-moi, je vous ai suivi parce que je n'ai personne à suivre. Je pensais rejoindre des Lights dès que possible, mais lorsque je vois de telles atrocités, je n'ai plus foi envers les miens.
Sadra s'apprêtait à frapper, je fermai les yeux l'espace d'un instant, mes pensées étaient confuses, plus rien n'avait de sens. Le temps avait stopé sa course pour me laisser revivre chaque épisode de ma vie...Je revint à la réalité...Goetia avait posé sa main sur l'épaule de l'Elfe Noir dont les lames s'étaient arrêtées juste avant de passer au travers du visage du Demi-Troll.

-Comprendre notre haine ? Dans les yeux de l'elfe-noir des lueurs de folie se mirent à briller. TrolKabu ! Quelle stupidité que ne point la tuer ! Au moins, ainsi, la rendrais-tu à son peuple ! Mais non ! Tu veux la garder, et pourquoi ? Tu t'es soudain découvert une âme charitable ? Les porte du temple d'Aesir te sont-elles tout-à-coup ouvertes ? Ou est-ce pour toi... pour t'amander de je ne sais quel sentiment ? Allons, TrolKabu, prends ma lame et rend-la aux siens !
Il me tendit sa lame, que je repoussai au risque de me couper tellement elle était éffilée...
-Lorsque je l'ai vu au milieu de cette mare de sang, une pensée me traversa l'esprit. Mon réveil parmis les miens. Ce réveil engendra un cauchemar. Un cauchemar où nul n'a su me tendre la main jusqu'à vous. Je n'allai pas la laisser mourir de chagrin. Le remord m'aurait envahis à chaque instant. À chaque instant j'aurais voulu voir quelqu'un me soutenir. Mais j'étais seul, sans but, sans soutien, sans souvenirs...Pourquoi aurai-je laisser là une personne allant sombrer dans le même malheur que le mien ? Je ne suis pas là pour aider ceux qui sont dans le besoin, je suis là pour éviter à mon âme d'être à nouveau blessée.
Tout le temps qu'elle a passé avec nous n'a en rien causé de tort. Elle a su cacher son côté jusqu'à aujourd'hui. Tu ne l'a pas traité comme une Light, mais comme une Dark. Pourquoi ? Parce que, qu'elle soit Light ou Dark, son attitude aurait été la même, elle serait resté la même. Tu ne l'aurais pas traité ainsi si elle t'avait déplu. Tu l'as traité pour ce qu'elle est ! Pas pour ceux qu'elle suit ! Je ne compte pas raccourcir sa vie déjà insignifiante par rapport aux notres. Alors range tes lames...Je ne m'en servirai que lorsque ton heure sera venue...


Il prit ma défense comme si j'avais été des siens. Il me connaissait à peine, il n'était pas de ma race, encore moins de mon côté, mais il m'a protégé. Est-ce que les miens en aurait fait autant à sa place ? Je ne crois pas. Il sont enfermés dans leurs idées toutes faites, il n'écoutent pas les voix de ce monde. J'ai découvert le côté opposé, et j'en suis ravie. Ravie d'apprendre qu'au delà de leur haine vouée à notre encontre, ils savent apprécier les êtres pour ce qu'ils sont et pas pour leur race ou leur magie, il me l'avait déjà montré, mais j'en eu la confirmation. Je n'avais pas de préjugés envers les races, mais je fut surprise en bien des réactions de certains. Les miens considéraient les grandes races comme stupides. Je vie aujourd'hui une aventure qui me prouve tout le contraire. Ces races sont moins bien organisées que les notres, mais leur solidarité est immense. Elles vivent dans la sérénité et la joie, ne se préoccupant pas de nos histoires diplomatiques. Elles pensent différemment mais elles n'en sont pas plus stupides pour autant. Elles sont même plus intelligentes que les notres...


La population était venue à notre encontre, nul ne reconnaissait ce Demi-Troll dans sa belle armure, ni ne savait qui étaient ces "visiteurs". Nous étions totalement encerclés par la foule. Soudain j'aperçu Atla' Trok se frayant un chemin à coups de bâton dans les côtes. Arrivé au près de moi il engagea la conversation après que j'eusse oté mon armet :

-Taka' Trog et MorgKa ?
-Ils ne sont plus...
-Ainsi tu reviens vers nous maintenant. Prêt à venger la mort de tes parents et de ton peuple.
Mon regard s'illumina d'une haine enfouie au plus profond de moi. Ma mère était encore en vie lors de mon départ, elle était donc morte de la main de ces Perfides. Ma tête se baissa et mes yeux se fermèrent, juste le temps pour une larme de glisser le long de ma joue.
-Combien d'autres ont réussi à fuir ?
-Aucun. Il parlait comme si de rien n'était. Comme si ça ne lui faisait plus rien de parler de frères morts.
Vous étiez les seuls à ne pas avoir été brûlés, empalés ou quelque autre torture innomable.
-Depuis combien de temps ma mère vous a quitté ?
-Cela fera six mois dans quelques jours. Ne cherche pas sa tombe...de ses cendres éparpillées aux quatres vents il ne reste rien.
Si je n'avais pas perdu la mémoire, si je n'avais pas erré durant ces longues années, si je n'avais pas passé mon temps avec mes nouveaux compagnons, j'aurais pu revoir ma mère une dernière fois. J'aurais évité ces longues années de souffrance à mon peuple. Mais peut-être que je n'étais pas prêt pour le libérer...Toujours est-il que j'étais là maintenant, et j'accomplirais ma tâche jusqu'au bout.


Un groupe de Hauts-Elfes arriva, en son centre, un grand personnage, richement vêtu, au regard réprobateur.
-Je ne tolèrerai aucune révolte en mon domaine !
Ses gardes, apparemment plus expérimentés que les autres devaient être sa garde d'élite. Ils commencèrent à faire rentrer la population dans les huttes.
Atla' et moi avançâmes en direction du Baron. Notre discussion finie par une petite altercation entre les gardes et nous, il fallait régler le problème avant que la situation n'empire.


-Comment oses-tu remettre en question mon légitime pouvoir sur ton misérable peuple ! J'ai reçu des Dieux le droit de vous commander ! Vous m'appartenez tous ! Vous me devez obéissance et respect ! Ce n'est pas un simple paysan qui va me dicter ma conduite !
-Mon peuple est né libre ! Et il l'est resté jusqu'à votre arrivée ! les Dieux ne sont que prétextes pour assouvir votre soif de pouvoir ! Vous nous traitez comme des esclaves ! Ce temps est révolu ! je vous défie dans un combat à mort.
Il s'esclaffa à gorge déployée.

-Vous m'appartenez ! Et je le prouve ! en te tuant, toi et ton peuple ! Le vainqueur aura droit de vie et de mort sur les partisans du vaincu ! Adresse ta prière à ta déesse et prépare toi à la rejoindre !
-J'irai là où le vent portera mon âme. Et je ne compte pas la perdre de sitôt.


Ils prirent place au milieu du village à la vue de tous. Les derniers Hauts-Elfes étaient tenus en respect par la population. Le conseillé du Baron l'aidait à endosser une imposante armure, il lui donna aussi une épée et un bouclier portant ses armoiries. Il avait un malin sourire déplaisant aux lèvres. Il était trop sûr de lui.
Le combat fut engagé sur l'ordre d'Atla' Trok. Le Demi-Troll frappa fort dès le premier coup, le Baron faillit perdre l'équilibre, si peu préparé à une attaque aussi rapide et puissante. Ils apprenaient des coups de l'adversaire, cherchant à chaque fois un nouveau moyen de vaincre. Aucun des deux ne semblait vouloir s'avouer vaincu. Le Baron semblait encore plus sûr de lui pendant la bataille. Il ne voulait que la fatigue de son opposant. Un coup violent du Demi-Troll brisa le bouclier du Baron en deux, ce dernier déstabilisé trébucha et se retrouva à terre à la merci de celui-ci.



Nous nous étions placé en première ligne du cercle formé autour des duellistes. J'avais gardé mon arc en main plutôt que dans mon dos, peu confiante envers nos ennemis. Le combat semblait serré et je croisai le regard de Sadra me rassurant sur l'issu du duel. Je regardai ensuite l'ensemble des spectateurs. Quelque chose me choquait, quelque chose d'inhabituel. Du côté des villageois et donc de TrolKabu, les visages étaient fermés et concentrés sur le combat tandis que du côté de nos ennemis, les sourires étaient nombreux et inquiétants. Je tournai une nouvelle fois mon regard vers l'elfe noir, essayant de lui faire comprendre mon inquiétude. Soudain, un bruit familier retint mon attention dans la foule. Un son d'archer en position, prêt à tirer. Je me reculai pour pouvoir observer d'où provenait le bruit et quelques villageois prirent ma place en première ligne. J'armai une flèche, discrètement pour ne pas attirer l'attention sur moi. Au même moment, notre ami prit le dessus sur le baron et lui brisa son bouclier, le faisant tomber à terre.


-Relève toi !
-Tu es fort et loyal jeune Demi-Troll...Mais tu es stupide !

Sur ces mots, une flèche alla se figer dans le dos du dominant. Le faisant vasciller de douleur. les Demis-Trolls, respectueux de leurs rites empêchèrent Sadra d'aller abattre ce lâche qui avait déjà tout manigancé.


Une flèche vint se planter dans le dos de TrolKabu. Sans sourciller, j'observai sa trajectoire et tomba sur le lâche qui avait commis ce crime. Entre deux épaules je le mit en visée, et au moment où ma flèche se précipita dans sa direction, il tourna ses yeux vers les miens et comprit son erreur. La flèche venait de se frayer un chemin au milieu de son front, ses yeux remplis de terreur et le mien sûrement rempli de rage et plaisir mêlé. Il tomba dans les bras d'un des siens situé derrière, qui, sur le moment ne fit pas attention à moi, armée déjà d'une nouvelle flèche, prête à riposter si quelqu'un tentait une autre action.


L'infâme ! Le perfide ! Sot que j'étais de n'avoir pas vu venir le piège. Cette flèche n'était pas commune, le venin s'insufflait en moi, me parcourant le corps, me donnant des frissons et m'empêchant de respirer. Il eut vite fait de profiter de ma faiblesse pour m'assaillir de toutes parts. Frappant avec force et précision, je ne pouvais que me replier. Le poison avait atteint ma tête et mon coeur. Le sol semblait plier sous mes pas, le monde bougeait sans cesse et le silence se fit entendre. Je tombai à terre terrassé par la violence du fluide.


Il se pencha alors sur son corps presque sans vie et prononça ces paroles tout en regardant la population :

-Aujourd'hui j'ai prouvé que vous n'étiez que de vulgaires êtres inutiles et faibles ! Il brandissait son épée haut dans le ciel. Vous périrez tous comme celui que j'ai vaincu ! Les Dieux m'en soient témoins, j'exerce le juste châtiment aux impurs...

La lame avait perforé son coeur, le dernier geste de TrolKabu fut d'accomplir sa vengeance.

-L'impur n'est autre que toi...et ton châtiment est la mort...

Le corps du Baron tomba lourdement sur le sol, crachant son sang répugnant par la bouche et le coeur, expirant pour la dernière fois de sa vie de bourreau. C'en était fini de la vie de torture et d'oppression que subissaient les Demis-Trolls...
Le teint jaunâtre de leur sauveur avait pâli, ses yeux révulsés étaient devenus blanc, ses mains ne serraient plus sa lame avec férocité, de lui n'émanait qu'une faible lueur venant de sous son armure...


A la mort du Baron, les Hauts-Elfes commencèrent à fuir. Nul ne comptait les laisser s'échapper. La vague déferla sur eux, les noyant dans les flots.
Je profitai de ce moment pour me jeter sur le corps inerte de la seule personne qui compte à mes yeux aujourd'hui. Le vieux chef du village vint m'aider à ôter son armure. Il serait déjà mort s'il n'avait pas eu cette résistance inée pour le poison. Mes compétences en matière de guérisons ne me permettraient pas de le ramener parmis nous. Mais cette amulette qu'il portait brillait de plus en plus. Plus j'en approchai ma main, plus la chaleur en émanant devenait intense. Je la touchai du bout du doigt, que je retirai aussitôt. J'ai ressenti une brûlure atroce, mais ma main n'en portait aucune trace. Je me sentais plus sûre de moi, plus forte, je me sentais l'âme de le sauver à mon tour. Je me saisis de l'amulette, surmontant ma douleur, l'aura qui s'en échappait me donna le pouvoir d'exercer toute la magie bénéfique de ce monde...


Je me réveillais...l'esprit embué...les yeux à moitié clos...Elle se tenait à mes côtés assise en tailleur, tenant ma main dans les siennes...Elle se réjouit de me voir éveillé...elle appela les autres...Atla', Ireth, Goetia, Sadra...





Ecrit courant début 2005, comprenant les interventions d'Ireth et de Sadra (respectivement en bleu et bleu foncé).
Par TrolKabu
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Dimanche 7 mai 2006
Je l'ai rencontrée par un beau jour de Calomer. En Terr'Vor'Calomer plus précisément, le mois de ma Race. Ce jour là l'air était chaud, et Sol frappait fort. Au sol la température devenait vite difficilement supportable. Mais dans les airs elle était extrêmement agréable. Je me souviens que j'étais sur le dos de Deanooelmbaeghod'Woli, mon ami. Que beaucoup appellerai "monture". Et que tout le monde nommait "Dragon". Nous étions à quelques trois cents mètres du niveau de la mer, entourés par les nuages épais et cotonneux d'un blanc aveuglant lorsque Sol venait à les irradier de ses rayons lumineux. Mon ami supportait sans mal mon poids et celui de tout mon équipement. Il affrontait aussi le vent puissant qui soufflait à cette hauteur, déplaçant les nuages comme on enverrait au loin la poussière d'un simple souffle. Malgré cela, ses déplacements restaient fluides et enivrants, slalomant entre les moutons du ciel, battant puissement l'air avec ses ailes pour regagner de l'altitude et se diriger, tout en me rappelant pourquoi je lui ai donné ce nom qu'il a bien voulu accepter. Je n'arrivais pas à me détacher de cette sensation de bien-être qui m'avais pris. Et pourtant ce n'était pas la première fois qu'une telle journée se présentait. Il y avait quelque chose de plus et d'inexpliqué. D'un coup mon ami amorça sa descente. Nous passâmes à nouveau sous la barrière nuageuse pour me laisser contempler l'immensité de ce monde. Malgré la piquée que faisait Deanooelmbaeghod'Woli, j'avais le temps de me remémorer ce que j'ai fait en chaque lieu que mes yeux parcouraient de si haut. Arrivés plus près de la terre ferme, le Dragon se redressa un peu, se préparant à slalomer entre les arbres comme il aimait à le faire. Les quelques sapins rencontrés furent frôlés par ses longues ailes souples, fines mais d'une puissance remarquable. Passant ainsi entre les troncs et touchant du bout des ailes les branches des résineux, je vis que nous nous rapprochions de plus en plus du village. A ce moment je me souvins que je n'avais pas eu de personne à guider depuis deux Djay déjà. J'étais passé à notre petite habitation, et avait enfourché mon ami tout en lui demandant de venir ici. Nous y étions, et lui se préparait déjà à poser à nouveau ses pattes griffues sur le sol de Ganareth. A quelques mètres de haut avant de le toucher, il se mit à battre des ailes pour freiner son élan et se permettre de s'arrêter sans se briser les os au contact de la terre. Il me semble que nous étions arrivés du côté Est du petit village. Cela importe peu de toute façon. Je vis alors cette ravissante Humaine à la beauté envoûtante. Je ne l'avais encore jamais vu et espérait qu'elle voudrait bien être guidé par le Demi-Troll que je suis. Sans hésiter je m'en suis alors rapproché, toujours perché sur le dos mon ami. Je l'interpelai poliment tout en lui demandant si, comme je le soupçonnais, elle venait de poser les pieds sur cette terre, la découvrant totalement. Elle fut tout d'abord surprise de me voir monter un Dragon, et me répondit ensuite par l'affirmative. J'étais ravi qu'elle accepte que je lui enseigne ce que je savais. Et le fut encore plus lorsqu'elle me persuada de la laisser monter derrière moi et de lui montrer ce que Deanooelmbaeghod'Woli était capable de faire. Je crois que je n'ai jamais vu personne si euphorique à l'idée de voler. Dès les premiers battements d'ailes de l'animal, elle s'émerveilla. Et ce fut ainsi tout le temps qu'elle passa au ciel. Il me serait impossible de décrire la joie qui l'avait envahie à cet instant, mais aucun doute que c'est ce qui me permis de recevoir mille remerciements de sa part lorsque nous nous quittâmes le Prenokt. Je m'en étais retourné dormir chez nous content, mais sans que ce soit démesuré. Le Nar'Djay fut tout aussi beau, et tout aussi calme le Marn. Jusqu'à ce que mon ami change brusquement de direction en plein cieux. Au début je ne comprenais pas, mais n'osais pas le rediriger, préférant savoir ce qui pouvait ainsi l'attirer. Nous revînmes au village pour y trouver une nouvelle fois cette femme. Elle était heureuse de me voir à nouveau accompagné de mon ami, et je l'étais tout autant de la rencontrer une fois de plus. Quant au Dragon, je crois que c'est la personne à qui il est le plus attaché après moi. Car depuis ce Djay, il saurait la retrouver où qu'elle soit. A force de la cotoyer, je me rendis compte qu'elle n'avais pas autant de connaissances que tous ceux que j'avais guidé jusque là. Je ne parle que des connaissances liées à la survie, à l'entraînement et à l'exploration. En fait, tout ce qui concernait ce monde lui semblait inconnu. Elle qui m'avait dis venir d'autres contrées bien différentes. Mais malgré son manque de connaissances, jamais je n'avais vu quelqu'un apprendre aussi vite. En plus de ça, suite à tout le temps passés ensemble, je découvris en elle une femme à la culture aussi vaste que mon Coeur, selon ses dires. Elle était belle, gentille, intelligente. Je m'étais épris d'elle, mais je me refusais à la priver de liberté, ce qu'elle voulait à n'importe quel prix conserver. Je n'avais pas de raison de l'en priver, et elle me remercia infiniment pour chaque geste que je faisais et qui la laissait libre. Peut-être le fait de lui avoir avoué mes sentiments envers elle l'a gênée. Je ne saurai trop le dire. Mais j'espère que cela ne la prive pas de la liberté tant désirée. Ce que j'ai fait de plus irréfléchis et de plus osé, était certainement le fait d'avoir posé mes lèvres sur les siennes pendant un temps extrêmement court, mais éternité en moi. Mes sentiments y étaient, mais les siens certainement pas. Je ne le regrette pas. Mais je m'excuse encore parfois de ce que j'ai fais. Elle avait déjà eu quelqu'un dans son Coeur, alors qu'elle venait de prendre la place unique du mien. Comment ais-je pu en arriver à l'aimer ? Je ne sais pas. Ca m'est venu d'un coup. Ce jour où je lui avais fait visiter les lieux les plus beaux, et aussi variés que possible. Nous nous étions arrêtés sur l'île Nord, tout à l'Ouest du Royaume d'Ysatis. Arrivés juste à temps pour voir le coucher de Sol. Elle avait adoré ce moment. Et moi aussi. Je la regardais, alors qu'elle se trouvais en plein centre de Sol. Mais curieusement, ce n'est pas l'astre qui m'aveuglait le plus. Juste avant mon départ pour deux Dekad, nous nous étions promis de nous revoir. Je lui avait présenté un Dragon tel que Deanooelmbaeghod'Woli. Elle en était folle de joie, et ce fut la première fois qu'elle me pris dans ses bras. Bien que j'eusse déposé mon baiser quelques Djay auparavant, ce que je ressentis à cet instant fut nettement plus fort. Mon Coeur en était écrasé, j'en frissonais presque, et ne pouvais plus articuler un seul mot. Ce jour, juste avant que je ne m'en aille, elle me demanda, quand je serai revenu, de la ramener sur cette île pour y admirer à nouveau Sol être engloutis par l'immensité de la mer. A cet instant, je compris que nous nous reverrions, j'en avais la certitude. Et j'eu raison de le croire. Nous nous étions retrouvé au village en pleine Nokt. Elle n'avait plus le Dragon que je lui avais offert, bien qu'elle m'ait promis d'en prendre le plus grand soin. Au bout d'un moment elle m'avoua qu'il s'était fais tué. Elle en était triste, et s'en voulais de n'avoir tenu sa promesse. Certainement se demandait-elle si je n'allais pas réagir mal en l'apprenant. Mais je n'avais rien à lui repprocher. J'étais certain qu'elle avait fais son possible pour que son Dragon vive. Elle n'a pu le retenir lorsqu'Agnar est venu le prendre. Mais elle avait fais son maximum, c'est tout ce qui m'importait. Je me souviens l'avoir emmené sur l'île peu après. Mais je n'ai aucun souvenir sur l'île même. Peut-être que j'étais trop obnubilé par sa présence pour laisser les souvenirs prendre place en mon Esprit. Depuis elle m'a fais la joie immense de venir aux Ruines et d'y avoir élu domicile. Je remercie encore Velkyn de l'avoir laissé franchir le Portail. Et tous mes amis pour lui avoir permis de rejoindre les nôtres. Je passe le plus de temps possible en sa compagnie, sans pour autant trop empiéter sur sa liberté. Elle vient parfois à la chasse où elle nous prouve ses talents d'Amazone et ses qualités de chasseuse, qui contredis ce qu'elle prétend être à la chasse. Nous nous retrouvons souvent autour d'une tasse de T'Hey dans la salle à manger. Lieu où la conversation se fait sans mal. Contrastant avec l'ambiance extérieure que j'affectionne particulièrement. Je ne trouve rien de mieux que d'être dehors avec elle. Et c'est encore mieux la nuit. Car les yeux ne savent où se poser tellement il y a de belles choses à admirer, même si elles sont transformées par l'obscurité. C'est là que la conversation a le plus de mal à s'établir, mais chaque mot prononcé laisse transaparaître un sentiment. Chaque phrase peut être liée à quelque chose que l'on n'ose dire à l'autre. Le jour où elle se rapprocha encore un peu plus de moi, je crois que rien ne pourra décrire la joie qui me prendra. Elle est ce que mon Coeur a de plus cher, et je m'en veux parfois de vouloir qu'elle me laisse prendre cette place dans le sien. C'est à elle seule de décider si moment où nous rapprocherions il devait y avoir. C'est elle qui doit me dire qu'elle se prive un peu de liberté en m'insunant au plus profond de son Coeur. Je n'ai qu'une chose à regretter de cet amour. Le fait de ne pas pouvoir offrir à Saphine ce qu'elle désire. Jamais je ne pourrai l'aimer comme Eve. Mais je resterai un frère pour elle et pour toujours. Je ne remplace son véritable frère, mort en la sauvant, mais j'en serai un autre, jusqu'à ce qu'Agnar m'emporte, ou l'emmène. Mais même à ce stade, je penserai toujours l'être envers elle. Lorsqu'elle s'est jetée dans mes bras, à peine après être sortis de sa chambre, en pleurant toutes les larmes de son corps, elle avait pris conscience que je ne pourrai jamais lui offrir l'amour qu'elle désire tant. Et cela m'a ammené les larmes aux yeux. Je m'en voulais tellement de ne pas pouvoir lui donner ce qu'elle voulait, pour son bonheur, pour qu'elle retrouve la joie de vivre. Mais je ne peux pas, même si je le voulais. Elle souffre. Elle se meurt. Son coeur agité heurtait sans cesse ma poitrine, ses larmes me donnaient des frissons en glissant sur ma peau épaisse, ses sanglots m'empêchaient de réfléchir clairement, et de penser à autre chose que son malheur. Je lui ai retiré ce qu'elle désirait le plus, et le seul espoir qui lui restait pour vivre. Elle ne m'en veux pas, je le sais. Mais plus jamais elle ne me regarda comme avant. Et je souffrirai chaque fois que je devrais la voir, l'entendre, la sentir, rien que le fait de la savoir proche de moi blessera. Rien que d'y songer me déchirera le Coeur et l'Esprit. Alors je n'ose imaginer ce qu'elle peut ressentir. Peut-être que celui qui lui a ouvert les yeux lui fera don de ce que j'ai déjà offert. D'un côté, j'aurai préféré qu'il ne s'éprenne pas d'elle. Mais d'un autre, c'est une des seules chances qui reste à cette jeune femme pour s'en sortir.

TrolKabu
Par TrolKabu
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