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Divers

Dimanche 7 mai 2006
Humeur exécrable, maussade, badine, excellente. Tel est le lot de chaque jour. Que l'on passe de l'une à l'autre sans s'en rendre compte, seulement parce qu'une parole nous a changé, ou qu'une pensée nous a transporté.

Se remémorrer les paroles pleines de venin crachées par un sombre Sire, dont le sourire grimaçant de ses deux crochets laisse entrevoir sa langue bifide, nid de sa perfidité. Subir ses gestes malvenus qui viennent à faire perdre patience. Contenir sa colère en son sein, pour ne pas entrer dans le jeu et le voir triompher de sa stupidité.

Arpenter les terres sur lesquelles serpentent les routes menant à notre demeure au milieu du blizzard, se laissant prendre par le froid mordant qui fait de nos extrémités doigtées, de vulgaires morceaux de glace si aisément brisables.

Retrouver son foyer où le repos aurait pu poindre si le mal de vivre d'un ami sincère n'était venu s'insinuer en plein coeur des tensions familiales déjà suffisemment virulantes. Penser pouvoir compter sur le bonheur simple d'un festin réconfortant si tout n'était venu à manquer. Croire que toute chose se ligue contre soi pour anéantir l'espoir d'un calme mérité et tant désiré.

Esquisser un sourire aux dires d'un proche, alors que tout autour semble plus sombre que le néant. Se laisser emporter par cet élan, s'y accrochant plus fermement en étant submergé par le divin flot sonore, et y prêter toute son attention, tel un esthète. Donner vie à un humour sombre, laissant transparaître une lueur de joie en plein coeur des ténèbres.

Abdiquer sous la nécessité d'exprimer quelques douces pensées à ceux qui seraient capables de les alimenter. Percevoir l'écho de son propre rire dans la grotte au désespoir où la lumière s'insinue jusqu'à permettre d'en sortir, toujours assailli par des songes expiant le mal de l'Esprit.
Par TrolKabu
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Dimanche 7 mai 2006
Corps gracile au coeur d'un brouillard ténébreux.
Aucune attention prêtée à la réalité environnante, seule conscience d'images et de sons si parfaitement transmis par un esprit éreinté.
Sifflements incessants heurtants nos tympans. Regard porté au loin à travers la poussière balayée par le vent et les volutes de fumée qui s'échappent des cratères. Petit arceau métallique s'offrant au premier plan, pour ne laisser visible que ce qui se trouve en son centre. Recul involontaire au moment où plus rien n'est visible en ce trou. Congratulations jetées en l'air tandis qu'aucune attention ne leur ai offerte et que nos jambes se remettent en marche telles des machines.
Gêne due aux pensées s'éloignants d'un but inavouable et reconcentration.
Désorientation d'un être fragile, tandis que la masse reste insensible aux assauts de ceux qui voudraient bien défendre la douce enfant.
Résonnance d'une flûte jouant un air martial. Queues de pies se mouvants au rythme des battements et de la mélodie de la flûte. Tonnerre grondant venant gâcher la marche, obligeant les randonneurs à s'armer en conséquence pour espérer rentrer sans avoir trop souffert des intempéries.
Bouffées de chaleur nous accablant, nous poussant à nous déplacer vers la fraîcheur.
Paroles réconfortantes pour la protégée du géant.
Quillons ouvragés comme le seraient des vitraux. Fusée maintenue par la force même d'un monde en proie à un mal auquel a poussé des ailes. Visage difforme voilant un solide coeur pur en fusion. S'assimiler à lui par une naïve volonté d'un mieux incertain.
Larmes emplies de chagrin recueillies par la douceur d'un esprit aux qualités mille fois vantées. Dépassement de la liberté pour s'octroyer le droit d'agir comme jamais nous ne le ferions, sans en perdre conscience.
Sensées ? Jugement. Relatées ? Assurément. Vérité ? Probablement. Quoi qu'il en fut-ce, nous étions déjà sorti du gouffre. A moins que nous ne faisions que nous immiscer en lui.
Par TrolKabu
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Dimanche 7 mai 2006
Pennon flottant au gré des caprices de sieur Le Vent, enroulé et fixé au sommet du manche d'une lance fermement tenue par une main au gantelet de mailles, tandis que sa jumelle tient nerveusement les rênes à vaguelettes issues d'un caparaçon aux couleurs des armes de l'anxieux Chevalier venu affronter la foule, visière d'armet ouverte, laissant tomber plumail et panache dans le dos, ballotés par le souffle de notre sieur précité. Convoi en marche vers la lice, d'où la tour de Londres s'affiche, alors que le suzerain s'en va rejoindre la destination loin de son castel. Le sang des plaines est loin de la poussière de l'arène, et pourtant si proche lorsque la lance émoussée vole en éclat sur la targe de l'opposant.

Tandis que serfs et cuisiniers s'affairent autour du porc à la broche rôtissant sur le hâtier, le gêné seigneur se laisse emporter par le mal des batailles. Echo en provenance de la joute sur laquelle ses armes gagnent en hauteur sur le cartouche. Difficile pour lui de réprimer ce malaise conduisant à la nausée. Promptement il est guidé hors de la grande salle, où l'air frais pourra emplir ses poumons. Feignant une accalmie, il renvoie les servants à leurs tâches, ne laissant que son écuyer le soutenir jusqu'à sa paillasse abritée par une frêle tente. La fièvre accompagne des convulsions et cette insoutenable douleur, touchant quelques côtes, vertèbres dorsales et une omoplate, vient anéantir les restes de vigueur du souffrant.

Sage ecclésiastique prêtant main forte à l'aimable serviteur du malade, pourtant habitué à ces crises infernales. Derniers soins appliqués par le petit père, pendant que le fidèle compagnon s'en est allé chercher son vieux luth, ôtant tous ses airs de ménestrel par un lourd plaid porté sur les épaules. Mais ce brave homme ne semble savoir entonner que mélopées entraînant dans de sombres songes le malheureux être. Le chaos règne dans l'esprit, et ce ne sont pas les douces prières qui le ramèneront à la raison. Monstrueuse folie qui s'empare de lui à travers ses douloureux souvenirs. Egarement complet d'une conscience qui ne voit que ce qu'elle a déjà ressenti dans un passé incertain, qu'on dirait issu du Malin.

Grandes couvertures de rémiges primaires de faucon couronnant les pauvres armoiries de ce chevalier, dernier de sa maison. Le sautoir sable sur émail orangé ne montrera peut-être bientôt plus son éclat qu'à la tombe à laquelle il appartient. Châtelain sans le sou se vendant comme mercenaire pour espérer pouvoir se sustenter, quitte à abandonner ses terres laissées aux mains d'un vassal digne de confiance, et qui, s'il fautait, serait rémissible. En cet instant, seul son pavois reflète ses couleurs, sa flamme étant à celles de son Prince. Soucieux, il a préféré laisser sa monture aux étables seigneuriales, s'obligeant à monter une carne à l'armure encore plus dépassée que la bête. Paris n'est qu'à soixante-quatorze lieues au Nord-Est. La côte, elle, est à moins de vingt lieues. Les forces disparates se regroupent en masse sous la même bannière qui signifie terreur, pillage et massacre.

" Il nous faut nous battre, la route de la guyenne étant barrée par l'ost français. Certaines rumeurs prétendent que là n'est pas la totalité de la puissance française. Seuls les cavaliers nous font face. Une douzaine de milliers tout au moins, alors que nous sommes au nombre de sept milles. Je sais que le Prince est aussi cruel qu'il excelle en tant que stratège, mais leur nombre aura certainement raison de nous. A moins que ce terrain accidenté ne les laisse en une posture délicate pour leur cavalerie.

Soupirs de soulagement lorsque les combattants français mettent pied à terre. Nous n'aurons au moins pas à tuer ces pauvres bêtes qui nous servent si bien. Ici dois-je laisser mes écrits pour le moment, nous nous déplaçons. Merci père d'avoir fait de moi un lettré. "


" J'écris du donjon de Chambonneau. La naïveté du châtelain me dégoûte. Il nous a suffit d'envoyer ce bon Jean II devant, et voilà que le pont levis s'abaisse pour nous offrir son domaine. L'armée pris place au château, en dépossédant le stupide seigneur.
Le capitaine Dandley vient d'expirer dans les bras du Prince. Blessé au combat, et moribond en arrivant, il rejoindra les deux milliers cinq cent français tombés eux aussi.
Jean le Fou fut-il d'avoir mené ses troupes à Maupertuis. Nos archers les ont défait avec une déconcertante simplicité. Je reprendrai plus tard, il n'est pas bon d'agir comme je le fais alors que notre capitaine s'en va. "


" Impossible de trouver le sommeil. La blessure qui m'affecte m'en empêche. Une flèche d'un de nos archers est venue s'incruster dans mon dos, non loin de l'épaule droite. Bouger mon bras me fait atrocement souffrir, quant à mon dos, je n'ose en parler tellement la douleur se fait intense au moindre geste. D'ici demain je devrais aller voir les chirurgiens de campagne. A mon sens ils sont plus bourreaux que médecins, mais il me faudra passer par eux si je ne veux pas mourrir avec le temps et la maladie.

Je ne sais comment je réagirai si je devais rencontrer celui qui m'a décoché cette malheureuse flèche. Peut-être le renverrais-je dans sa chère campagne pour qu'il puisse réapprendre à berser convenablement. Ou peut-être l'excuserais-je. Je comprends qu'il ait pu avoir envie de tirer dans la masse française, il était certain de toucher quelque chose. Mais avec le désordre qui régnait, surtout avec les pièges que nous avions tendu à la hâte, j'ai du mal à savoir pourquoi on l'a laissé tirer. La discipline se perd même chez nos archers. Autant ne pas mentionner celle qui règne parmis les mercenaires Allemands ou Irlandais.

Par TrolKabu
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